dimanche 13 octobre 2013

_ Docteur pourquoi dois-je faire des économies ? _ Parce que votre fils ne cessera jamais de grandir


Comme le monde est complexe, que nos yeux ne nous montrent pas tout, voire nous trompent, nous avons inventer la Science. Socrate n'a pas suffit, avec la seule force de la logique, a démontré aux institutions que la Terre était ronde. Certes, il avait compris que les différentes phases de la Lune correspondaient aux différences d'alignement Soleil-Terre-Lune, mais face à lui il y avait la croyance, un monde rassurant, car il était compris (pris dans son ensemble) avec des repères et des vides remplis par les croyances.

La Science aura mis du temps pour faire prendre conscience à l'Eglise qu'elle était aveugle. Il aura fallu l'invention de la lunette astronomique. Et encore, si le savoir était sur quoi nous trônions, nous ne nous assoirions pas dessus !


Heureusement pour les penseurs, comme le dit si bien le bouddhisme, tout est méditation : le sport, le chant, le travail, la montagne, la forêt, la poussière. Et donc même si l'oubli joue son rôle comme l'érosion. L'Humanité oublie qu'elle est sur une Terre sphérique pour mieux s'en souvenir plus tard. Ce qui m'amène au sujet du jour, celui de nombreuses années en fait:
 La croissance se base sur une croyance (il n'y pas que des hasards chez les paronymes), celle que nous pourrions aller plus haut, gagner plus. C'est d'ailleurs ainsi qu'un Président s'est fait élire. "Aller plus haut" comme chantait la chanteuse. C'est rassurant. On comprend ça très bien. Elan collectif... avant le retour correctif, fessée qui ramène à la réalité.

Pourtant quand nous sortons de l'engouement, que nous sortons des flux rapides, captivant et enivrant d'information, que nous nous arrêtons un peu, nous comprenons surtout que le repos est nécessaire, que l'expression "aller de l'avant" est une facilité de langage, un sort pour nous motiver à ne pas reculer. Nous comprenons que le docteur qui nous dit que notre enfant ne cessera jamais de grandir est un bonimenteur. D'un côté il nous dit que nous serons d'éternels parents, de l'autre, que le petit, croissant à l'infini, va nous vider le frigo sans jamais s'arrêter. Et nous comprenons bien vite que cela ne pourra pas durer éternellement. Enfer et damnation. Sueurs froides, fin du cauchemar.

Et bien le Dr Croissance s'appelle l'Economie, tout comme en un autre temps, Dr Croyance s'appelait Eglise. L'Economie serait une paroisse qui détiendrait la Vérité en faisant durer le cauchemar. Faisons des économies pour que le pays retrouve une croissance positive supérieure à tant. Serrons nous la ceinture car nos retraites ne sont pas infinis, mais la croissance, elle, est infinie. Faisons-nous taxer de plus en plus parce que la vie doit toujours coûter plus cher. L'eau, la nourriture, l'énergie ont des coûts car elles servent à enrichir les entreprises qui les exploitent. Le sable est ainsi une superbe ressource naturelle, la manufacture en a besoin autant que du pétrole. Il suffit de le récolter et de lui donner un coût sur le Marché. Tout comme vôtre marchand de légumes local, cueille ces légumes dans son potager pour le vendre. Tout est naturel et tout travail mérite salaire. Sauf que le marchand à travailler la terre, du fumier, à arroser, arranger un système d'irrigation etc. Sauf que le prix du légume augmente moins vite que celui du sable.

La croissance veut que les prix augmentent, Alors que se passe-t-il si ce n'est pas le cas ? L'Etat paie la différence. Ainsi l'Inde est obligée de subventionner le pétrole sinon, l'économie du pays s'effondrerait (les têtes pensantes indiennes sont formées dans les écoles néo-libérales américaines)... ou le peuple se soulèverait, ce qui est déjà en parti le cas, avec des naxalites sponsorisés par la Chine sur le modèle déjà appliqué, et concluant, du Népal.

De cette manière (économique), ce n'est pas seulement notre pouvoir d'achat qui est ébranlé, les caisses des Etats s'affaiblissent aussi. Eux aussi ont toujours plus de dépenses... et des envies de salaires toujours plus grandes faciles à satisfaire par les dirigeants. L'Etat perd mais les individus composant le gouvernement se sauvent eux-mêmes. Et l'Etat faible devient proie ou bien s'offre lui-même :  EADS pour ne citer qu'un exemple. Qui détient la majorité du vignoble bordelais ? La Chine. Non pas parce que la Chine est forte, mais parce qu'elle a été enrichi  par l'Eglise de la Croissance qui épuise toutes richesses du sol autour d'elle. Pour cela elle a dû briser les boycotts qui ont suivis Tiananmen en disant que le Marché libèrerait la Chine, alors que c'est la Chine qui a ainsi sauvé le Marché et peut devenir ce à à quoi elle tend dans son esprit de revanche.

Pendant ce temps l'eau s'écoulant de la montagne est toujours la même, elle s'écoule, elle irrigue les champs et leurs fruits ainsi que les animaux alentours... quand il en reste, cf le désert vert... ah oui, parce qu'il y a une chose que vous savez qui n'a pas été dite. Le monde est fini. Sphérique ou plat, il est fini. Que l'on sache qu'il existe d'autres étoiles et d'autres planètes dans d'autres systèmes solaires, ne change rien. La Planète bleue nous héberge, nous donne ce qu'elle peut. Goinfrons-nous, pillons, exploitons ses forces et le graphique plus haut se réalisera. Il a été établi dans les années 70 par la volonté du Club de Rome par le MIT (Massachussets Intistitutes of Technology) et il a été revisité l'année dernière sans pour autant changer les conclusions socratiques : le monde est fini, la croissance s'arrêtera. Ainsi soit-il. La messe est dite. Cela rejoint les prédictions de fin des ressources en pétrole. Alors suivrons-nous le Canada, censurerons-nous les informations scientifiques pour mieux croire en cette Eglise de la croissance ?