jeudi 8 novembre 2012

Chine : les phares médiatiques français loin des feux tibétains et des vrais problèmes

mise à jour ce dimanche 11 novembre : commémoration des morts pour la France, les médias se réveillent. Les dépêches AFP sont relayées dans quelques journaux écrits... il aura fallu 70 immolations, pour retirer les œillères médiatiques, toutefois les JO en Chine nous ont montré que les caméras tournent vite le dos.
Notons toutefois qu'Envoyé Spécial parlera du sujet ce jeudi 15 novembre.

 
Décidément, les nominations de grandes puissances aiment bien nous orner d’œillères médiatiques!


Aux US, deux candidats seulement, pour 309 millions d'habitant, une certaine vision de la démocratie sur fond de corruption et des lobbys plus puissants que les poulains qu'ils dopent. Mais silence.

En Chine, pas de course aux voix, en effet comme le dit si bien le site Aujourd'hui la Chine : "Un processus dans lequel les 1,3 milliard de Chinois, y compris l’immense majorité des 80 millions de membres du Parti n’ont pas eu leur mot à dire".
Dans le pays des "Lumières", la nomination du numéro 1 chinois, Xi Jiping est bien plus éclairées que les immolations de tibétains. Seul le site du NouvelObs en parle régulièrement, parfois le site du Figaro relaie aussi l'information. Ailleurs, c'est silence radio.

Aujourd'hui, on a annoncé aux francophones le fait terrible que 4 tibétains se sont immolés par le feu au Tibet, dans le Sichuan et le Qinghai dans uniquement deux médias internet. Tandis que les anglophones savent que 5 tibétains se sont immolés par le Daily Mail, le Guardian, CNN.
On pourrait presque nous faire croire à l'espoir Xi Jinping (photo de gauche et certainement future prix Confucius) comme à l'espoir Obama (prix Nobel de la paix 2009) d'il y a 4 ans. Non pas que ce mari d'une chanteuses rêverait de paix avec Tamdrin Tso (photo de droite, jeune mère tibétaine qui s'est immolée mercredi dernier) et ses amis, fidèles du Dalaï Lama (prix Nobel de la Paix 1989 toujours en exil est insulté régulièrement par la Chine), nooon ! quand même ! Faisons au moins croire, que la Chine soit plus coopérante en matière de Marché économique. Car comme le dit si bien ce dernier (Lors de la levée du Boycott contre la Chine à la suite de Tienanmen ou lors des Jeux Olympiques de Pékin, entre autre), il est capable d'apporter la démocratie !
On pourrait en rire jaune, ou croire que Liu Xiaobo (prix Nobel de la Paix 2010 dont les amis se sont faits écarter de Pékin en ces jours de "festivités" du parti communistes chinois) fera moins d'années de prison que Mme Aung San Suu Kyi (Prix Nobel de la Paix 1991 mal tolérée par les généraux birmans, amis de la Chine populaire).

Mais, pendant que les "démocraties" sont obsédés par la croissance économique ,
les dictatures s'embrassent et les tibétains s'embrasent!... comme en Tunisie, en Egypte, en Algérie, chez les palestiniens, les employés de la Poste, les amérindiens, les agriculteurs en France et dans l'ailleurs du  monde dit "en développement".

dimanche 4 novembre 2012

Jours de Destruction, Jours de Révolte ( Livre & BD par Joe Sacco et Chris Hedges )

Lisez ce livre, "Jours de destruction, Jours de Révolte" et vous ne verrez plus de la même façon l'élection américaine qui focalise tant les médias. Pas étonnant que les intentions de vote envers les deux candidats se côtoient avec tant d'intimité. Si Mitt Romney nage littéralement dans l'argent des puissants lobbys tel un Picsou, Obama n'est pas en reste. C'est le système américain qui veut ça. Et c'est Sitting Bull qui le dit si bien :
"Voyez Mes frères, le printemps est venu ; la terre a reçu l'étreinte du soleil, et nous verrons bientôt les fruits de cet amour! Chaque graine s'éveille et de même chaque animal prend vie. C'est à ce mystérieux pouvoir que nous devons nous aussi notre existence ; c'est pourquoi nous concédons à nos voisins, même à nos voisins animaux, le même droit qu'à nous d'habiter cette terre. Pourtant, écoutez-moi, vous tous, nous avons maintenant affaire à une autre race_petite faible quand nos pères l'on rencontrée pour la première fois, mais aujourd'hui grande et arrogante. Assez étrangement, ils ont dans l'idée de cultiver le sol et l'amour de posséder est chez eux une maladie. Ces gens-là ont établi beaucoup de règles que les riches peuvent briser mais non les pauvres. Ils prélèvent des taxes sur les pauvres et les faibles pour entretenir les riches qui gouvernent. Ils revendiquent notre mère à tous, la terre, pour leur propres usages et se barricadent contre leurs voisins ; ils la défigurent avec leurs constructions et leurs ordures. Cette nation est pareille à un torrent de neige fondue qui sort de son lit et détruit tout sur son passage. Nous ne pouvons vivre côte à côte." (Discours prononcé en 1875)
Car le livre de Chris Hedges et Joe Sacco est surtout un support aux témoignages des américains tabous, les preuves du mensonge capitaliste américain. Des histoires de vie illustrées par la BD et un texte documenté par un travail minutieux de journaliste. L'histoire qui nous est montré là, qui révolte, elle n'est guère dans les thèmes électoraux des candidats. Ni le taux de chômage dans les réserves indiennes où le musée local évite de parler des massacres de familles indiennes, ni la corruption sans vergogne dans le New Jersey.



Cette Amérique est tue non comme une honte mais pour que le très riche devienne encore plus riche. C'est cette Amérique cachée qui est présente dans ce bouquin-BD, œuvre de BD-journalisme dont les auteurs sont proches d' Occupy Wall Street.
Les Appalaches détruites pour du charbon, ses eaux pollués et les déchets à ciel ouvert, le tout cautionné car les entreprises minières sont une source d'emploi. A ceci, voilà la réponse :
"L'histoire du progrès de l'humanité et du combat pour la liberté montre que toutes ces nobles revendications n'ont pu aboutir que grâce à une lutte acharnée, a dit un jour Frederik Douglass. Il n'y pas de progrès sans lutte. Ceux qui déclarent être en faveur de la liberté, mais désapprouvent les révoltes veulent la récolte sans labourer la terre, la pluie sans tonnerre ni éclairs, l'océan sans le rugissement de ses eaux impétueuses. Une lutte peut-être morale, physique, ou les deux à la fois, mais elle doit exister. Les puissants ne concèdent  rien sans qu'on l'exige. Ils ne l'ont jamais fait et ne le feront jamais. Trouvez la limite de ce que tout peuple peut endurer sans rien dire, et vous prendrez la mesure exacte des injustices et des maux que vous pourrez lui imposer sans qu'il vous résiste par le verbe ou le poing, voire par les deux. Les limites des tyrans sont fixées à l'aune de l'endurance de ceux qu'ils oppriment."
Howard Zinn, People's History of the United States, New York, HarperCollins, Une histoire populaire des Etats-Unis de 1492 à nos jours.

Bonne Lecture