lundi 29 février 2016

Quand le politique vend la libre-concurrence aux éleveurs en colère

Monsieur Valls, à la suite de son président, se rend au Salon de l'Agriculture pour se montrer, montrer qu'il est homme responsable. Alors il déclare :

"Nous agissons au niveau européen pour que la Commission européenne entende pleinement la détresse d’une partie du monde agricole français et nous agissons aussi pour que les filières se restructurent, travaillent ensemble, pour qu’il y ait une vraie solidarité entre les éleveurs, les producteurs, les industriels, la grande distribution, et c’est cette responsabilité, cette chaîne de solidarité que chacun doit assumer."
Restructuration ? Eleveurs avec le monde industriel ? Confiance dans la grande distribution ? Voilà un ministre pas de gauche qui ressort les mêmes mots que la politique sarkozyste lors de la réforme de l'hôpital : T2A, confiance privé-public. Pourtant les responsables de la Santé, le savent tous, cette réforme était un pas vers la libéralisation de la Santé Publique. Premières conséquences de la T2A : la dette de la sécu est en partie transférée sur le dos des centres hospitaliers akors que le privé continuait de choisir les pathologies qu'il traite, voire il envoie ses mourrants dans le public pour que ses chiffres soient présentables dans les colonnes de classement des magazines. Le public, lui, se fait rationaliser, c'est à dire qu'il investit dans la pierre, le techniques mais supprime le nombre de lit, soumet le personnel soignant  à de fortes pression de travail, avec d'innombrables heures supplémentaires irrécupérables et impayables.
Et les éleveurs devraient faire confiance à cette politique ? A la liberté des prix du Marché ? Croire que la responsabilité d'un politique est de tenter de se faire entendre au niveau européen ? Croire en la libre concurrence et ses fermes-usines  ? Avoir confiance en BASF, Monsanto, Bayer et toutes les entreprises qui ont la même politique ?
Valls ne mise que sur le corporatisme et le manque de communication entre les citoyens pour que la pilule passe, avec un Tafta en bonus.

Et Denis Cheyssoux, Co2 Mon Amour, à l'air bien d'accord avec son émission de samedi dernier :



vendredi 26 février 2016

La Cimade - Actualités - Calais : Les bulldozers ne font pas une politique !



La Cimade - Actualités - Calais : Les bulldozers ne font pas une politique !

Et oui, virer les demandeurs d'exile, une nouvelle fois, ne change rien au problème. Les maires où les élus nationaux qui s'en félicitent font du sarkozysme, du Don Quichotisme.
La Cimade, ne dit pas autrement, les politiques ne font pas de politique. Alors que font ils ? De la communication sur le dos d'une minorité souffrante et exclue, sans papiers, mais sans droits aussi puisqu'à jouer sur les mots, la France n'applique pas même les Droits aux réfugiés.

Voyez le nombre impressionnant d'association qui se joignent ensembles pour dénoncer ce balayage sous le tapis. Sachez aussi que les zadistes de Notre Dame des Landes, fournit de la bouffe aux réfugiés du Pas de Calais. La France agissante ne semble pas du côté de la loi plus tournée vers monsieur le préfet que la victime.


lundi 15 février 2016

Les bactéries multirésistantes (BMR), de l'élevage à l'hôpital.

Mercredi dernier, 10-02-2016, à Amsterdam, une réunion européenne organisée par la FAO (organisation mondiale de l'alimentation, agence onusienne) prévenait le monde des dangers pour la santé humaine de la résistance aux antibiotiques chez les animaux d'élevage... sauf que la presse ne relaie pas l'information. Pourtant, entre ce problème ci et celui des persticides, on s'aperçoit de beaucoup points communs.

A l'hôpital on se méfie des BMR comme du loup blanc, à tel point que des plans nationaux ont été mis en place non seulement à l'hôpital mais aussi en médecine de ville. Le patient a eu le droit à la fameuse communication « les antibiotiques, ce n'est pas automatique ». Les antibiotiques (ATB) étaient en effet visés puisqu'ils sont responsables de la résistance bactériologique. En général, selon l'ANSM, les actions menées sont efficaces, la consommation dans les hôpitaux est dans la moyenne européenne. En ville, la consommation d'antibiotique remonte doucement, après une chute conséquente, les Français restent de grands consommateurs à l'échelle européenne, mais il faut aussi prendre en compte le vieillissement de la population. Pour rester dans l'attaque un nouveau Plan Antibiotiques est en action.


Si l'humanité représente la moitié de la vente d'ATB, l'autre moitié de la richesse de l'industrie pharmaceutique se situe dans les élevages.
Il conviendrait donc à tout homme sensé de projeter le Plan Antibiotiques dans le monde de l'élevage. Un an après l'établissement d'un plan d'attaque antiobiorésitance mené conjointement par la FAO, l'OMS et la moins connue OIE (organistion mondiale pour la santé animale), quand on écoute notre Ministre de l'Agriculture, on pourrait presque y croire. Ecoutez :


video Stéphane Lefoll, antibiorésistant de façade en 2012


Contradiction

Depuis 2012, le discours n'a pas vraiment changé, mais n'allons pas le croire sur parole. Il existe bien un Plan national de réduction des risques d'antibiorésistance en médecine vétérinaire  dépendant du Ministère de M. Lefoll mais pour  les résultats il faut se tourner vers une autre agence. Ainsi, allons voir ce que l'ANSES a à nous dire au sujet des ventes d'antibiotiques dans l'agriculture. Cette agence nationale n'appartient pas au Ministère de l'Agriculture mais à celui de la Santé, est-ce pour cela qu'elle ose contredire M. le Ministre de l'Agriculture ? Elle nous dévoile en effet dans la fluidité des chiffres une augmentation constantes de tous les antibiotiques. Mais si plus hauts nous modérions les données avec le vieillissement de la population, nous ne le pouvons pas ici puisque ces bêtes ne sont pas destinées à vieillir. Nous ne pouvons pas modérer non plus les résultats avec une augmentation du nombre de têtes, en effet, le cheptel a tendance à diminuer. Bref ici on est sûr qu'une bête reçoit plus d'antibiotiques chaque année.


Cette étude de l'ANSES, n'empêche pas le Ministère de l'Agriculture de confier ses études à l'EFSA. Cette agence européenne nous rassure, moins de 4% de ces tests ne correspondent pas aux normes... sauf qu'elle ne spécifie pas les dites normes dans ses rapports (pas très scientifique). Que recherchent ces tests ? Pas de bactéries, mais des ATB que l'agence classent parmi les LMR (limites maximales résiduelles). L'EFSA définit ces derniers sur son site comme "les niveaux supérieurs de concentration de résidus de pesticides autorisés légalement dans ou sur les denrées alimentaires et les aliments pour animaux". Voilà, les obligations de publications et de sérieux sont sur le net.
 
Est-ce le paysan qui n'a cure des recommandations nationales ? Est-ce le vérérinaire qui ne voudrait pas de son Plan gouvernemental ?

Et si, en Europe, les gens derrière la réforme "rationnelle" de l'élevage étaient les responsables ?
Bien sûr, si nous allons sur le site du ministère de l'agriculture, il nous est parlé agro-écologie illustrée, ici, une vache au milieu d'un champ, là, une bergère au milieu de 5 chèvres... Il y a comme un air de « greenwashing », propagande en français.

En Picardie ou dans les médias nous sommes sensibilisés par le cas de l'usine des Mille-Vaches. Si des éleveurs locaux et les associations font opposition, la justice et la préfecture (mandat direct de l'Etat) sont sacrément enclins à l'indulgence envers cette « usine » prompte à rompre les engagements et les promesses. Louche… en fait, comme nous l'informe le site reporterre.net il n'y pas que les mille-vaches, il y a bien d'autres fermes-usines. En fait il semble que nous assitons à un autre pan de la concurrence déloyale imposé par le Marché tout puissant. Chaque élevage devrait augmenter son cheptel ou voir son exploitation mourir ?




Le lien  ATB - fermes-usines :

La FAO lors de sa réunion de mercredi dernier fait le lien : " La résistance [aux antibiotiques] est une forme d'adaptation naturelle, elle est potentialisée par le mésusage des antibiotiques, et la prévalence de résistance dans le secteur agricole se voit généralement accroître chez les animaux des systèmes de production intensive."
Cet élevage, par la promiscuité, facilite la contamination, mais aussi la multiplication des blessures, entre bêtes. Ensuite, leur système immunitaire est mis à mal : l'augmentation du stress, l'absence de soleil et la souffrance sont connus comme des facteurs de risque des infections par baisse du système immunitaire. Il a bon dos, le nouveau statut légal de l'animal !
Pour éviter les infections de ces bêtes fragilisées (nous parlons lapins, boeufs, vaches laitières, veaux, porcs, poulets...), l'exploitant demande donc à son vétérinaire des ATB en prévention.
En comparaison, la prévention par ATB chez l'Homme est utilisée lors des chirurgies. Pour autant, les hôpitaux n'augmenteraient pas le nombre d'actes chirurgicaux pour faire du profit !.. si ? C'est un autre reportage Cash Investigation.

Pourquoi s'arrêteraient-ils en si bon chemin ? Les grands groupes entrés dans ce business, comme nous l'apprend Bastamag, manipulent les gènes dans une idée de rendement : plus de chair, des croissances accélérées, des capacités reproductrices accrues. Et encore une fois, cette idéologie jusqueboutiste de la croissance fait montre d'absurdité, ici, des poulets ne pouvant soutenir leur poids. Est-ce utile de préciser que ces pratiques engendre une augmentation de l'utilisation d'ATB ?
Comprenez bien qu'il ne s'agit pas là de rationnalité ni d'un objectif pour nourrir plus de monde, l'idée maîtresse est celle du profit.

Les risques de contaminations bétail-hommes ?

Le terme employé est zoonose, où comment les animaux nous contamine, plutôt simple : on les touche, on les mange. Ensuite, soit votre corps l'accepte, soit il réagit. Vous connaissez peut-être déjà la réaction de votre corps au passage de la Salmonelle. Campylobacter jejuni fera de même, sauf que celle-ci développe de manière de plus en plus prévalente des antibiorésistances. Il serait quand même dommage que par la faute d'une chaîne alimentaire corrompue et négligente, la médecine ait du mal à vous soigner.
Laissons Giulia Enders et son livre « Le charme discret de l'Intestin » nous expliquer la forme de corruption dont il est question (chapitre salmonellose): la salmonelle se promène parmi les lézards et les tortues d'Afrique, là où poussent pour une question d'économie les semences destinées aux volailles industrielles. Ensuite, à l'abbatage tous les gallinacés sont mis à tremper dans le même bain, broyés, et le tour est joué. Vous aurez compris que le poulet de l'exploitation traditionnelle est moins concerné.
Parlons aussi de la fameuse E. Coli, elle, vit tranquillement dans les intestins où elle ne cause aucun trouble. E. Coli a une tendance à développer des résistances aux béta-lactamimes, soit deux types d'ATB : les pénicillines et les cyclosporines. Malheureusement pour vous, surtout si vous êtes une femme, vous risquez à un moment donné de contracter une infection urinaire et le germe responsable sera sûrement E. Coli, priez pour que ce ne soit pas une colonie résistante.
Un dernier exemple, le Staphylococcus Auréus (auréus pour doré, soyons sympas avec les non-latinistes ou non scientifiques…). Le SA est célèbre mais il est surtout à craindre lorsqu'il devient SARM, soit un staphylocoque résistant à son antibiotique de premier choix, la méticilline. Résistant ou pas, le staph' (pour les intimes) vit sur la peau, il aime bien les ailes de nez et les aisselles. Alors on se le passe parfois d'une bise ou bien d'une embrassade coquine. 20 % des Français seraient porteurs permanents tandis qu'un autre tiers seraient porteurs intermittents. Question animaux d'élevage, aucun compte n'est tenu, seules sont comptées les infections. Pourtant  personne ne tombe malade puisque SA ou SARM squatte gentiment. Parfois il vous fait un bouton blanc, parfois vous vous grattez et ça se surinfecte. Puis c'est tout. Par contre il suffit d'une fois sur la table d'opération.... Priez alors les dieux protecteurs que vos hôtes bactériens du nez n'arrive pas dans les chairs, encore moins sur la prothèse qui est en train d'être installée.


De L'irresponsabilité des uns et des conséquences :

Ce genre d'infections par des BMR augmentent les durées d'hospitalisation, nécessitent parfois une autre intervention chirurgicales. C'est vraiment pas de chance alors que l'Hôpital en général chancelle, ferme des lits, n'emploie pas assez de personnel soignant, conséquence de la réforme hospitalière et de l'austérité appliquée à la Santé.


Quand la contamination passe par l'assiette et touche plus de deux personnes avec des symptômes, on parle de TIAC (Toxi-Infection Alimentaire Collective) C'est l'INVS qui surveille et le graphique est suffisamment parlant question évolution des TIAC au fils des années de libre-échange :

Quand la contamination passe par l'assiette et touche plus de deux personnes avec des symptômes, on parle de TIAC (Toxi-Infection Alimentaire Collective). C'est l'INVS qui surveille et le graph' est suffisamment parlant question évolution des TIAC au fils du temps :






Autrement dit, les 1% nous construisent un monde peu sympathique :


Tandis qu'industries agricoles et pharmaceutiques font des bénéfices sur leurs ventes, les conséquences de leurs actes sur la Santé Publique et l'Environnement sont payés par le citoyens (qui ne devrait pas être qu'un contribuable) grâce à une législation marchande dominante. Il est alors bien de rappelera que la loi est sensée protéger le faible.
Au niveau national, tandis que la peur des émigrés fait pression sur la notion de frontière, le Marché Libre continue de tisser sa toile. Ainsi politiques et industriels nous préparent, dans l'ombre, le TAFTA, tandis que les conférences mondiales climat, santé, faim se succèdent en plein jour. La différence ? les conférences économiques ont un pouvoir d'applications tellement plus puissant. et surtout ces industries poussant aux traités de libre-échange sont dans l'alimentation et la pollution. Il faudra bien résoudre cette opposition belliqueuse économie / Santé.


Heureusement, les citoyens (colibris, amapiens, agriculteurs bio, sélistes, commerçants équitables... ) ont des pouvoirs : ceux de la désobéissance, de l'activisme...








lundi 16 novembre 2015

L'Etat n'est pas dans son rôle

Si l’État, en gestionnaire du moment terroriste, est irréprochable, comme le 11 janvier, quand l'urgence n'est pas la même, quand l'urgence n'est pas la sienne, les mesures face aux attaques contre la démocratie et ses défenseurs sont tout simplement ignorées.

Ainsi il est étonnant, que lorsque l'imam de Lunel osa porter plainte contre les intégristes qui l'avaient menacés de mort, si il gagna la première partie du procès (reporté en appel), c'est bien lui qui a démissioné et déménagé. Gloups.

Il est tout aussi étonnant qu'une porte-parole calaisienne du groupe facebook de Calais, ouverture et humanité, se voit elle aussi obligée de cesser sa fonction bénévole du fait de menaces… d'activistes d'extrême-droite.
Un extrait de son dernier message sur le groupe :
« Oui, je m’étais mise en retrait. Pas parce que la cause que je défends ne m’importe plus, ou que je me désintéresse du sort de ceux qui vivent dehors. Mais à cause d’un harcèlement devenu insupportable, à cause de menaces de mort concernant autant mes enfants que ma petite personne.
Alors j’ai choisi de me faire discrète, car rien ne justifie que la vie de mes enfants soit mise en danger. Pour ceux qui se demandent à quel point ces menaces pourraient sembler fondées, je dirais juste qu’il est avéré que mes fils (17 et 18 ans) vivant dans deux villes différentes de mon lieu d’habitat avaient été localisés… Que de ma fille (4 ans ½) on m’a dit : « ce qui va lui arriver… Elle est mignonne, c’est dommage ». Et on m’a décrit le t-shirt qu’elle portait quelques jours auparavant.
Voilà pourquoi je m’étais mise en retrait. Je pensais avoir enfin réussi à éloigner les corbeaux. Ce matin, deux coups de téléphone m’annoncent, je cite : « on va te fourrer le canon d’un 22 dans ta chatte de pute et on va t’exploser, après on va te faire sucer le canon et exploser ta sale gueule de négrophile ». L’individu au téléphone exige que je ferme cette page, il y a vu une photo partagée il y a quelques jours en commentaire par Mr Delcloy où j’apparais auprès de messieurs Valls et Capet, il dit que je suis la « pute de Capet » et me demande si j’ai « bien sucé Valls »… Il dit que je suis "une salope de gauchiste" qu’il faut supprimer. »

 Le citoyen menacé vulnérable, des responsables j'menfoutistes, l'être menaçant impuni.

L'Etat, ici, n'est pas dans son rôle.

Alors s'il vous plaît, que ces problèmes soient traités comme un seul dans l'intérêt de cette union sacrée de la nation.

Ah, oui, mais comment faire ? La prison, n'est pas une solution, les éducateurs ne sont pas des magiciens, l'instruction civique ne devient modèle que si la société civile montre l'exemple… A croire que  cette question impose une mutation de cette société… un peu comme le changement climatique. Parce que non seulement il n'y a pas de méchants. Mais l'oeil porté sur les migrants ou l'islam doit changer avec un esprit altruiste, et non un regard aux oeilllères utilitaristes ou économiques, encore moins sur un réflexe d'auto-défense généré par la peur.


mercredi 21 octobre 2015

les élections décideront-elles du bien collectif ?


Depuis la future région Nord Pas de Calais Picardie, qui voit encore arriver plus de policiers (surtout à Calais), entendez ces points à propose des élections, de la campagne, de la politique, des transitions possibles :
Assez de ces manipulations de sondages, de peurs, de devoir électoral ou de référendum pré-élections ! Quid des responsabilités des politiques libérales, de casse du droit du travail, de connivence avec les dictatures ? Quels changements à l'horizon ?


  1. EELV, avec le groupe belge de journaux, détenteur de la Voix du Nord, du Courrier Picard ou encore de l’Union, a commandé un sondage. Ce dernier nous dit que le FN est en tête des intentions de vote… les sondages électoraux, c’est un peu comme la vidéosurveillance. Ils nous rappellent le danger et l'oeil de Big Brother, jouent sur une peur devenue réflexe depuis la présidentielle de 2002.
Rappelons ceci, il n’y a pas plus de français qui votent FN depuis les années 80, il y a plus d’abstentionnistes et de rejet globale de la politique. Puis par magie de pourcentage, le FN voit ses chiffres monter et, par mauvaise foi de l'Etat, ce sont les abstentionnistes qui sont stigmatisés. Par contre on nous dit de ne pas stigmatiser les électeurs du FN (peut-être est-il pensé qu’ils sont bons citoyens puisqu’ils font l'effort de voter ?). Force est de constater que le rejet global de la politique par les « petits » électeurs est lui-même un résultat des politiques libérales de l'UMP devenu Ripoublicains et d'un PS d’État qui a officialisé sa mue libérale de par les actes puis par ses mini(sini)stres : Macron et Valls en tête !
La menace de faire le jeu du FN est tellement réactionnelle qu’elle se fait entendre à toutes les sauces pour ceci ou cela. Et dans ce procès réflexe (opposé à réfléchi), personne ne prend conscience que faire voter sur les peurs va à l’encontre de notre démocratie déjà en crise ; sachant que l’électeur a déjà tendance à voter pour le « moins pire ».
Avec cette peur, M. Cambadélis a proposé un référendum pré-élection, une sorte de primaire des sympathisants de la gauche de l’hémicycle. Il avait oublié (ou se fiche) que d’autres parties ont déjà fait leur primaire. Par exemple chez EELV, les militants ont justement voté pour la motion qui ne prônait pas l’alliance PS au premier tour. Ce qui est logique de la part du parti qui est sorti à du Gouvernement. Dans le NpdCP, EELV décide de s'unir avec le Front de Gauche.
Enfin, rappelons nous de ces journalistes qui montaient en Picardie dans l’idée d’être témoin de la montée annoncée du FN en Picardie lors des cantonales. Le parti d’extrême droite s’installait sans présider, FlorenceAubenas témoigne. Et Il faudrait noter, en fin d’article, l'information des 64% des jeunes qui se sont abstenus.


La responsabilité de l’abstention, du « tous pourris », du vote du « moins pire » voire de l’extrême droite résultent des partis politiques au pouvoir, de leur détachement du bien collectif, de leur soumission aux intérêts privés.

Sinon, pour connaître l'extrême droite en France : un schéma


  1. La deuxième leçon faite aux électeurs : le local n’est pas l’Etat.
Il faudrait comprendre que nous pourrons voter PS aux régionales même si on est déçu de la politique Hollande / Valls.
Ah bon ? Sommes-nous en état fédéral ? N’est-ce pas Xavier Bertrand et Marine Le Pen qui se présentent sans s'être embarrassés d'un vote interne ? L’un, ancien ministre de Sarkozy est prêt à abandonner les habitants de St Quentin par nostalgie de l’Elysée ou souci de remonter en grade dans l'échelle territoriale. L’autre sera candidate aux présidentielles. Les deux jouent sur la carte migration en un territoire où Calais est le centre. Marine, les considérant comme des déserteurs, les enverrait se battre en Syrie, tandis que Xavier préfererait les voir dans un camp de réfugiés dans le Moyen-Orient (sachant qu'ils sont déjà largement plus grand que ce que connaît Calais et que les sous manquent).


  1. Le regard des médias
Ce regard du journalisme dominant prend un rôle moralisateur : quoi vous êtes abstentionnistes ! N’est-ce pas dangereux ?! Ou encore : regardez EELV qui se déchire (comme si ce n'était pas le cas dans tout groupe politique, les Républicains en tête ), ce n’est pas responsable. Bouche consensuelle, reflet d’une pensée politique enfermée dans son monde.
De même, on entend parler, comme en boucle, de la lourdeur du Droit du Travail sans nous dire d’où vient cette antienne (si proche de celle des fonctionnaire paresseux et trop nombreux). Comme les mots croissance, dette, crise qui sont repris, martellés et mitraillés pour leur donner artificiellement plus de réalité.
Sur un plateau en direct ou en enregistrement, pour un sujet économique, il sera toujours inviter un économiste, spécialiste pro-libéral (étiquette non précisée), pour tout bien nous dire sur la crise, la dette, les bienfaits de la croissance ou de la libre concurrence. Ah, ces économistes payés par les lobbys financiers ! Frères d’armes de ces médecins qui prônent les vertus de tel médicament fabriqué par le laboratoire qui lui fait des chèques. Dont la finalité est de brouiller le raisonnement personnel en imposant, le principe de la parole divine du « spécialiste ».


Ok l’objectivité n’est pas simple, menfin, il ne faudrait pas nous prendre pour des ânes ! La sagesse populaire est au courant, les vessies ne sont pas des lanternes.


  1. Une ère de Transition
Surtout que le monde change. De nouvelles unions, de nouvelles forces citoyennes se mettent en place. Bien sûr la France, comme à son habitude de personne âgée, craint le changement, a peur des mouvements suspects derrière sa porte. Autant à l’époque des généraux grecs ou de Franco, on avait des régimes stables comme voisins, autant là, ces Podemos, Tsipras, Corbyn, Partis de Hackers semblent craints par nos médias français.
Podemos, Corbyn, Tsipras, tout ça dans la besace d’extrême gauche. Corbyn a pourtant été élu par les militants du Labour tandis que Podemos est issu du mouvement apolitique des indignés et rassemble des personnes aux cœurs qui balancent autant à gauche qu’à droite. Quel réflexe anti-démocratique ! Non seulement le peuple a tendance à se défier de la politique mais tout est fait pour qu’il se défie également des médias.
En effet les mouvement de transition ne sont pas même dans les interlignes médiatiques. Quid d'Alterniba ? De la somme championne de l'éolienne ? Des mairies qui font la transition sans attendre que l’État lève son petit doigt ? Quelle voix pour nous parler des progrès des colibris ?
Le Diésel n'avait pas besoin de WV pour être un scandale, les filtres à particules ne font que rendre les particules polluants plus petites. Non moins polluantes, elles peuvent aller ainsi plus loin dans l'arbre bronchique. Et ce sont les personnes âgées, les enfants, les asthmatiques, les BPCO qui disent merci ? La science le savait, mais on ne la laisse pas si facilement parlé quand Total est sur le plateau d'argent (ce travail de l'associationASEF date de 2013)


Quand on parle changement de la voiture, tout est bon pour freiner. L’État, les constructeurs, les pétroliers sont ensembles dans le même bâteau blindé. Mais pendant ce temps, les trentenaires covoiturent, auto-partagent, louent une voiture selon leurs besoins, prennent plus volontiers leurs vélos dans les grandes villes. Mais dans les régions moins urbanisées, la voiture est encore un sacro-saint. Pas étonnant devenant les services de transports de bus interurbains inadaptés ou le train trop cher : même pour les transports scolaires ! Même pour la SNCF elle-même ! Pourtant à l'heure des fermetures des administrations locales, des ANPE, des postes, des urgences ou des maternités, rien d'autres n'est proposé que la voiture. Pourtant l'ARS picarde, parlent depuis longtemps du besoin de devélopper les transports inter-urbains pour un meilleur accès aux soins.


Tandis qu'une partie de la population se tourne vers les AMAPs, l’État et les industries agricoles continuent la logique d'accaparement du vivant. Il est déjà prévu que les OGMs arrivent dans nos assiettes via l'Europe et le TIPP, l'économie veut des fermes usines alors que la priorité est à la sauvegarde de la fertilité de nos terres, à la protection de la santé des animaux de ferme pour que le consommateur, en bout de chaîne alimentaire, ne subisse pas les antibiotiques et les pesticides. Ces derniers, perturbateurs endocriniens jouent sur nos hormones, participent à l'infertilité des couples (ah, oui, parce que si la France est fière de son taux de natalité, c'est grâce aux programmes médicaux d'assistance à la maternité, sans cela, nous serions comme les Allemands). Les solutions se trouvent dans les fermes biologiques qui divertifient leurs activités, échappent aux monocultures, couvrent leurs sols avec des engrais verts, etc. Pour lire les diverses alternatives locales au programme multinationale : http://www.reporterre.net/-Alternatives-


L’État sponsorise AREVA et son EPR qui devait, dès le démarrage du projet, coûter ce qui nous est annoncé aujourd'hui. Le projet avait tout simplement était sous évalué pour permettre le vote du budget. Nouvelle technologie, même culture du mensonge dans le nucléaire. Le premier EPR est en Finlande, chantier interminable, coût monstrueux. Et comme le nucléaire n'apprend pas de ses erreurs, ils ont remis ça en France. Des fois que, avec de la chance... Pour faire avaler la pilule, on nous dit simplement : le nucléaire n'est pas cher… en terme de facture EDF à la maison peut-être mais en coûts généraux, entre construction, entretien, incidents, traitement des déchets, stockage interminable de ces déchets transformés, démantelement de centrales en fin de vie (sait-on seulement faire ?). Cette année un rapport optimiste à propos des énergies renouvelables a même été enterré, la tête de l'État a enterré la production de ses fonctionnaires...


Si la transition ne se fait pas par la grande porte, elle passera sous la porte.

samedi 25 juillet 2015

Nous, drôles de bêtes


Nous, drôles de bêtes, n'en démordons pas de notre indépendance ni de notre individualité,
que nous ne voyons pas notre grégarité ni notre indivisible dualité.
Comme des gens moyen-âgeux ayant honte de notre corps malin et glorifiant notre âme bénie,
nous tendons à rejeter l'animalité en notre être, à glorifier l'intelligence de notre esprit.

Prenons nos réflexes, ils sont un de nos héritages les plus primaires, propres à toutes les espèces vivantes. Ils représentent la sauvegarde de soi par le principe de rétractation ou de fuite pour éviter un danger ou le prévenir. Notre intelligence (ou notre angoisse ) peut même se mettre à son service en anticipant le danger, nous permettre de prendre de l'avance sur, par exemple, des loups nous ayant pris pour cible... ou le danger d'une centrale nucléaire ou du réchauffement climatique.
Ce réflexe peut même se faire partager au groupe : un ban d'oiseau, un ban de poisson, un troupeau de gnou, une foule en « panique ». Réflexe grégaire (corps) auquel se soumet « l'intelligence » (Cerveau), elle cède ainsi intelligemment (ou pas, c'est toute l'efficacité ou le défaut d' un ordre binaire ) à un centre neuronal plus primaire, plus rapide.

Primaire, troupeau, réflexe sont souvent catalogué ( à tort, et sur les bases d'un complexe psychologique ) sur un registre négatif : une vache ou un mouton est considéré comme bête du fait de leur confiance absolue en leur groupe / troupeau. Ils considèrent comme la base de la sécurité, et non le territoire, celui-ci étant partagé (ou appartenant dans le cas de l'Homme ) avec les prédateurs.

Pour en rester aux moutons, il existe même une expression : se comporter comme les moutons de Panurge. Les anglais, eux, utilisent : être bête comme un dodo. L'expression anglaise, rappelons le, vient des colons, arrivés sur l'île Maurice, qui ont trouvé ridicule que lorsqu'un dodo hurlait de douleur sous les coups des chasseurs, ses camarades volatiles accouraient. On peut encore voir l'humain se moquer de cette propension grégaire réflexe inadaptée (les dodos n'avaient pas de prédateurs avant l'arrivée de l'homme sur l'île) de par cette expression, et par la mise en image dans le film d'animation l'Age de Glace.

 

Quant à nos moutons de Panurge, initialement ce n'était pas la bêtise de l'animal qui était dénoncée par Rabelais mais le lucre humain ainsi que sa propension à suivre sans réfléchir (ce qui est bien plus affligeant, puisque que l'Homme se targue d'être le plus intelligent des êtres vivants ). Ainsi, Panurge ayant jeté un mouton fraîchement acquis à la mer, non seulement le reste du troupeau suivit, mais aussi les bergers, car ces derniers considéraient les bêtes hautement précieuses du fait de leur toison d'or. D'ailleurs, cet esprit est resté aussi dans l'inconscient collectif, lorsqu'on dit à un enfant : « si on te dit de sauter par dessus le pont, tu ne vas pas le faire quand même ! »
Si pour le cas du dodo, il y avait eu un écrivain rabelaisien, il aurait sûrement dénoncer la bêtise du colon. Le chasseur se moque de l'oiseau qui ne fuit pas le danger mais quel genre d'individu, conscient d'être dangereux pour des êtres inoffensifs, n'est pas considéré comme à enfermer ?

Dans cette débandade, de qui sommes nous les moutons dès que nous réagissons de concert, par exemple lors de l'actualité grecque, lors d'élection, d'évocation de mots clés tels :«  crise », « dette », « migrants »… ou PSG/OM.
De qui sommes nous les dodos ? Un homme, un certain Jaurès, avait bien tenter de prévenir le peuple, mais il se fit assassiner.

Dans quelles eaux troubles sommes-nous prêts à nous jeter en laissant arriver ce qui nous scandalise, nous insurge, nous indigne ?
Comment retrouver notre équilibre entre intelligence individuelle et grégarité réflexe ?


PS :

Cadeau :